Pourquoi l’Omicron furtif inquiète les scientifiques, par Opera news

Omicron a des sous-variants : voilà BA2.

Identifié en fin d’année 2021, le variant Omicron est désormais majoritaire à l’échelle mondiale, et ne semble pas avoir achevé sa mutation. En effet, Israël alerte cette semaine concernant un sous-variant issu d’Omicron, dont les propriétés pourraient s’avérer encore plus dangereuses. Quel est ce sous-variant et en quoi inquiète-t-il les experts ? Opera News répond à vos questions. 

BA2 ou Omicron furtif

Depuis son apparition il y a plusieurs mois, le variant Omicron a été étudié sous toutes les coutures, jugé moins dangereux que son homologue Delta, car moins susceptible d’être responsable du développement d’une forme grave du virus. Cependant, sa vitesse de propagation est elle problématique, lui permettant de se répandre rapidement au sein d’une population, et ainsi de continuer sa mutation. Mutation qui vient de donner naissance à un nouveau sous-variant, potentiellement plus dangereux.

En Israël, une vingtaine de cas d’un sous-variant d’Omicron dénommé BA2, ou encore Omicron furtif, viennent d’être détectés. Un sous-variant initialement découvert en Inde, qui présenterait bien plus de mutations que l’Omicron originel. Au centre des craintes des scientifiques, le fait qu’il soit plus difficilement détectable que les autres variants. Pour l’instant, rien ne permet d’affirmer qu’il est plus contagieux, ni même qu’il pourrait être à la base de formes plus graves de la maladie.

Tester-Alerter-Protéger : une stratégie à revoir ?

La difficulté à être détecté était déjà une caractéristique propre au variant Omicron, mettant à mal la stratégie actuelle mise en place en France et plus largement en Europe : le dépistage de masse. En effet, cette stratégie, actuellement couplée à l’injection d’une troisième dose de vaccin, pourrait être largement revue dans les prochains mois, comme l’indique Christopher J.L. Murray, directeur du centre de recherche statistique Institute for Health Metrics and Evaluation :

« Il y a peu de chances de parvenir à contrôler les contaminations, si bien que tester les personnes asymptomatiques n’est peut-être pas utile (…). De nombreux gouvernements vont devoir envisager d’arrêter les tests sur les asymptomatiques et réviser les protocoles pour les travailleurs essentiels, et notamment le moment où les symptomatiques dont le test est positif peuvent retourner au travail »

Pourquoi certains voient Omicron comme la porte de sortie de l’épidémie ?

Si Omicron est en partie responsable du retour de nombreuses mesures sanitaires strictes en Europe, telles que le port obligatoire du masque en extérieur, ou le confinement, il est également perçu par certains comme une potentielle porte de sortie de l’épidémie. En effet, sa vitesse de propagation pourrait permettre à long terme de développer l’immunité collective tant espérée lors du premier confinement. C’est l’avis de Yannick Simonin, virologiste à l’INSERM à Montpellier :

« Comment est ce que ce variant pourrait accélérer la sortie de crise ? En fait, il est en effet très contagieux, donc il se propage très rapidement dans la population. C’est extrêmement compliqué de bloquer la diffusion d’un variant comme Omicron, à moins d’avoir un confinement strict (…). Donc, le variant circule dans la population mais provoque moins de formes graves, moins d’entrées, notamment en réanimation. Et du coup, on a de plus en plus de personnes qui vont être infectées par ce variant et qui vont développer une immunité »

Partagez cet article

Laisser un commentaire